NOS AÎNÉ.E.S
2026
Après une première série, Portraits de nos Aîné·e·s, qui mettait en avant cinq récits de vie et cinq rapports à l’âge, et qui a connu un très beau succès, avec L'image qui Parle nous avons eu l’élan de proposer une seconde série de portraits, ancrée cette fois-ci dans la ruralité, consacrée à quatre femmes agricultrices.
L’idée de cette série Femmes de la terre est de donner la parole à des personnes qui ont peu été mises en avant jusque-là et qui ont même parfois été stigmatisées. Aussi faire connaître un pan de l’histoire rurale et paysanne bretonne : des vies de labeur dans des conditions précaires, qui ont duré bien plus longtemps qu’ailleurs en France. L’électricité est arrivée à Saint-Nicodème fin 1953. Les évolutions technologiques y ont donc été récentes, rapides et importantes. À cette époque, la langue bretonne était encore parlée dans les familles. Certaines écoles appliquaient même l’interdiction de parler le breton en classe ou dans la cour, sous peine de punitions.
Les témoignages d’Anne Hamon, Louisette Le Calvez, Michelle et Robert Guégan ou encore Marithé Vidament reflètent ce territoire et aussi deux visages de l’agriculture : biologique et conventionnelle. Ces portraits se veulent être un trait d’union au sein d’un monde agricole actuellement bien divisé et très en tension. Rien n’étant noir ou blanc, Anne raconte ce qu’a apporté le remembrement, tout en ayant conscience de ses abus. Marithé parle de son approche militante, en reconnaissant que la modernité a aussi permis aux agriculteur.rice.s de trouver du temps pour leur vie de famille. Les portraits font aussi le pont entre un passé aux conditions de vie et de travail très précaires et une ultramodernité représentée par l’exploitation de la fille de Michelle et Robert. Ces films cherchent donc à dessiner et réconcilier les différents visages de l’agriculture, à travers le lien fort que toutes et tous entretiennent à la terre.
2022
Cinq personnes, cinq portraits, cinq parcours de vie tous différents, mais simples et étonnants à la fois. C'est une quête de mémoire, comme un livre ouvert que les protagonistes feuillettent devant nous évoquant tour à tour leurs souvenirs mais aussi leurs lendemains. C'est Léa qui nous raconte l'ambiance festive de son bar à Callac. C’est Louis de Plouézec qui évoque avec âpreté et nostalgie ses souvenirs de pêche à Terre-neuve. C’est Jojo qui nous dit son envie de communiquer et d'échanger pour ne pas être seul, son envie de construire et de fabriquer pour rencontrer les autres. C’est Brigitte qui nous conte avec force et énergie comment elle s'en est sortie seule avec ses enfants et comment aujourd'hui elle est étonnée d'être âgée car elle n’a pas appris à être vieille. C’est enfin Françoise qui nous fait partager ses choix de vie remis en question par la société à l’époque, et les activités qui aujourd’hui rythment sa vie.
Comment résumer une vie en quinze à vingt minutes, c'est ce qu'a réussi Julie Grossetête (auteur-réalisatrice et monteuse) qui nous entraîne pendant 1h20mn au cœur de la mémoire de ces aîné.e.s mais aussi dans ce qu'ils sont aujourd’hui. La vie quoi !